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    JOURNAL

     

    DE

     

    RENÉ TROMPLAMOR

     

     

     

     

    Mardi 19 mars 2019

     

    Il se trouve que 

    ce Mercredi 25 Pédale 146,

    jour de la saint Peligraf Poligrafovitch,

    Fête suprême quarte du calendrier pataphysique,

    commence enfin ici

    la transcription du véritable

    Journal de René Tromplamor

    alias René Alcibiade Jadelyaud

    alias René Judicaël Abdel Ayadi

    ex Ariel d'Ybiade

     

    C'est que le temps s'accélère et qu'il n'est plus l'heure de s'en remettre au lendemain pour mettre au propre toutes ces notes qui s’accumulent depuis cet été.

    D'autant que le fonds de ma collection muséographique commence à germer telle la plante de la saint-Valentin de l'année dernière qui renaît de terre en premiers bourgeons inespérés.

     19.III.2019

     

     

                  Ce 19 mars 2019 commence donc le

    Journal de René Tromplamor.

     

    15:00  

    Ce matin, reprise du boulot(Je n'ai pas travaillé hier. RTT. Lapin des assurances toujours rapport à l'inondation. J'en vois pas le bout et je m'en fous quelque peu) 

    Journée relativement belle.

    Hier, lundi 18 mars :

    Pas perdu mon temps durant la vaine attente des assureurs.

    Finis :

     

    Les Patineurs à l'Ovni

    Ready-made  ("Galipet", tableau retourné)          65 x 50 cm      

    19.III.2019

     

      

     

    La Pharmacopée de René Tromplamor

    Acrylique sur toile       50 x 50 cm

    19.III.2019

     

     

     

    et dans la nuit, dans ma lancée, 2 vrais ready-made (Galipets) cette fois, contrairement au premier, avec ma seule signature pour unique retouche :

     

    La Course d'Uranus vue de Yangoor, cratère de sa lune Ariel 

    Ready-made      36 x 26 cm         

    19.III.2019

     

     

     L'Amoureux      

     Ready-made        45 x 33 cm          

     

    Je me retrouverais de nouveau seul avec mes deux 50F, le diptyque commencé deux mois plus tôt et qui était loin d'être terminé, si entre-temps n'étaient pas venus s'ajouter deux devoirs : la promesse d'une aquarelle pour Régine et la remise au goût du jour de la commande d'Annick datant du temps d'avant.

    Et ya tellement d'obligations socioadministriviales plus pressantes et emmerdantes à affronter par ailleurs. Tellement de choses d'un coup qui se télescopent et qui me rappellent si besoin était que j'étais bien au Purgatoire. 

    Va-t-on un jour me foutre la paix  ?

    J'avais déjà pas le temps pour toutes leurs conneries avant, alors maintenant...

    Ya tant de trucs à faire

    défaire et refaire

    Il faut que j'aille vite

    Quasiment 10 ans, la durée de la pile

    Mais pour ce qui est de l'organisme qui la trimbale... 

       


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    Mercredi 20 mars 2019

     

    Printemps.

    Kilukru

    J'ai passé l'hiver, finalement.

    Aujourd'hui, je me suis levé si tard, mi-temps thérapeutique ad hoc, que j'en ai oublié mes médocs du matin.

    L'après midi, du même tonneau. Zoné. Au ralenti. Ce que c'était bon de glander. Une fois de temps en temps, c'est pas du luxe. Même pas sorti de l'appart pour jeter la poubelle. Pas de peinture. Juste joué un peu de guitare et bidouillé ce blog. 

     

     


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    Lundi 25 mars 2019

     

    Allez, René, je prends les choses en main sinon, on va jamais y arriver.

    Je suis le Capitaine

    Le capitaine de ce radeau 

    Le radeau de la rue Dingo

    Quel chantier. Cette fois, le bathyscaphe a sombré pour de bon. Cinq mois après le naufrage, le radeau continue de divaguer.

    Pour le reste c'est Boulot-Bus-Trucs-Dodo

    Parmi les trucs, il y eut

            - L'achat d'un vélo d'appartement.

           Holiday on Ice, avec Régine; et malheureusement deux dondons devant nous qui nous ont bien pourri la vue.

            - Le passage d'Annick pour la réactualisation de sa commande d'aquarelles.

          - Un contrôle de la Sécu - Accident du travail. Rue de Flandre... Le temps dégueu m'a pas donné envie de me balader dans mon ancien quartier.

           - Ce samedi biscornu chez Serge / Aude, + Manu, + Philippe par SMS, comme prévu, tandis que Régine est à Nancy pour l'enterrement de Simone. Après-midi Rugby (Italie-France ; Galles-Irlande ; et le mémorable Angleterre-Ecosse) & Soirée couscous. 

              - De nouveaux Galipets : 

     

    Jeter l'Encre à la mer

    Ready-made           44 x 36 cm            

     

     

     

     La Dispute des Mariés

    Ready-made           44 x 36 cm

     

     

     

      L'Apprentissage de la Guitare ou Les Biroutes de la Soie ou L'Arantelle à l'Atèle 

      Ready-made           73 x 50 cm

     

     

           - Par ailleurs j'ai commencé des aquarelles de Cosmos pour Régine.

     

          Bon, allez, ça suffit. Il est déjà 02:30.

    Je suis le Capitaine Shaddock

    Le capitaine de cette péniche

    Au 4e étage, rue Dingo

     

    Tant bien que mal, depuis des années, le bathyscaphe tenait le coup malgré les fuites qui pleuvaient régulièrement des plafonds. Mais ce coup-ci ça avait été le bouquet. Carrément la voie d'eau, sur trois étages.

    Et le radeau, s'il ne dérive plus, divague toujours.

    Et le parquet s'amuse de flotter contre-nature, surtout dans la chambre où il se gondole comme sous l'effet d'une vague sérénissime.

     

     


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  •  Mardi 26 mars 2019

         19:00

      Reprenons depuis le début. Transcrivons le journal commencé ya 4 mois.

    Mais auparavant quelques photos prises entre mai et novembre 2018.

    Pour commencer, le séduisant décor de ma chambre à Cochin après ma résuscitation [(Médecine) Fait de revenir à la vie après une mort apparente.]. Retour sur terre. On n'est pas dans quelque contrée du tiers-monde mais bien à Paris, France. Symptôme de la décrépitude de l'Assistance Publique qui ne va bientôt plus tenir qu'avec des bouts de ficelles. C'est bien assez pour le petit peuple. 

     

    26.III.2019 

    26.III.2019

     

     

    Heureusement, c'est moins glauque à la Pitié-Salpétrière.

    La chambre avant l'opération.

     

    26.III.2019

    26.III.2019

     

      

    Il n'y a pas que dans les hostos où tout fout le camp. Chez le Vieux aussi tout se casse la gueule. Les glaces de l'entrée se décollent. Trois ont découvert les lois de la gravité.

    26.III.2019

    26.III.2019

    Bricole. C'est rien, on est en août, le plus grave sera dans deux mois. 

     

     

    Sorti d'hosto fin juin, j'ai passé tout l'été chez Régine, alternant rééducation fonctionnelle à Corentin-Celton le matin et après-midi au parc de l'Île Saint-Germain, ceci à la grande joie du monstre. 

    26.III.2019

    26.III.2019

     

    Ile Saint-Germain

    26.III.2019

    26.III.2019

    26.III.2019

     

    Ile Saint-Germain _ La Tour aux Figures.

     26.III.2019  

    26.III.2019

     26.III.2019

     26.III.2019

    26.III.2019

     

     

     

    26.III.2019

     

     

     

     

    La période de rééducation à Corentin Celton terminée, à partir d'août et jusqu’à l'acquisition du vélo d'appart en février, marche quotidienne dans l'Île St Germain ou dans Issy et ses alentours, Meudon, Clamart...

    Quelques photos prises durant ses pérégrinations sportives.

     

    Dans le jardin Botanique d'Issy. 

    26.III.2019

    26.III.2019

    26.III.2019

    26.III.2019

    26.III.2019

    26.III.2019

     

     

    Issy _ Chemin des Vignes.  

    26.III.2019

    26.III.2019

    26.III.2019

    26.III.2019

    26.III.2019

    26.III.2019

    26.III.2019

    26.III.2019

    26.III.2019

     

     

    Issy. 

    26.III.2019

    26.III.2019

    26.III.2019

     

     

    Paris, (et sa pollution), vu d'Issy - Clamart

    26.III.2019

    26.III.2019

    26.III.2019

     

     

    Quelques allusions perso (défibrillateur entre autres)  

    26.III.2019

    26.III.2019

     

     

    A travers les grilles du Musée Rodin à Meudon.

    26.III.2019

     

     

    La Seine Musicale _ Ile Seguin _Boulogne 

    26.III.2019

    26.III.2019

     

     

     Laissez les péniches !

    26.III.2019

    26.III.2019

    26.III.2019

    26.III.2019

    26.III.2019

    26.III.2019

    26.III.2019

    26.III.2019

    26.III.2019

     

    26.III.2019

     

     

     

    Epouvantails

    26.III.2019

    26.III.2019

    26.III.2019

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Version numérique du Manuscrit original du Journal de René Tromplamor.

     

    Lundi 12.XI.2018   

            18:30  

            Rue Dingo. Chez le Vieux. 

    Au 4e, un appart comme un fond de péniche vermoulu. j’y ai amené mon matos médical.  C'est que j’suis devenu pharmacodépendant télécardiocontrôlé. 
    Chez le Vieux, où j’ai échoué, c’est une pathétique scène de naufrage mais je m’évade dans ce chaos riche en découvertes. Chaque épave raconte et précise ce qu'avait été la vie de l'inconnu. L’appart est à la fois un gourbi et un souk mais chaque visite que j’y fait m’y attache toujours plus.

     

    19:35 

    Je ne compte plus les visites effectuées chez le Vieux depuis ma renaissance. Ça va faire un moment que j’accumule mes notes. Il est tant que les retranscrive correctement. Allons-y.
    Ça démarre le

      30.X.2018

    - Hep ! 
    - Quoi encore, René ?! 
    - C’est ça ma planque ? 
    - Ben oui… 
    - C’est tout ce que vous avez trouvé ? 
    - C’est ça ou la grande banlieue. 
    - Purée ! 
    - Comme tu dis, allez, salut. 
    - Nom d’une pipe… oh, purée ! Comme si ça ne suffisait pas ya eu un dégât des eaux ici. Hé oh! ouvrez au moins, c’est insalubre ici. Eh, ça pue!… oh! 
    - C’est ouvert ! 
    - Où ça ? 
    - Dans la salle de bain 
    - La salle d’eau 
    - Si tu veux… en haut du truc 
    - C’est pratique 
    - C’est mieux que rien 
    - Certes 
    - Allez salut René 
    - C’est ça, à plus. 
    Ça commence bien. C’est une vraie cata ici. Rien que dans l’entrée yen a partout. Ya de tout. Un tas de chaussures, des cartons à dessins, des vestes en tous genres accrochées à la moindre excroissance du mur et autre poignée de porte… 
    Rue Dingo. Beau 2 pièces parisien mais vieux, pourri par les eaux, plein à craquer de meubles et de trucs épargnés par le désastre… Quel fourbi… bon, première chose, régler ce trivial problème d’inondation. oh la vache, faut reprendre le plancher ! 
    Un dégât des eaux, encore une fois. C’est une malédiction. A chaque fois, j’y ai droit. Il n’aura pas fallu longtemps pour qu’une inondation baptise ce nouvel appart. Comme si je n’avais que ça à faire. C’est bien le moment. C’est comme ça, je vais faire avec. Ce n’est plus ce genre de choses qui va m’abattre. 
    Allez, Romano, c’est toi le plus fort ! (entendu dans la rue peu de temps avant)

     


    Jeudi 01.XI.2018

    Hier, pour les anglomanes, c’était Halloween. Comme on faisait les courses avec Régine à l’hypermarché, j’en profitai pour acheter des têtes de mort puisque j’avais décidé d’en faire collection. 
    Je me retrouve maintenant avec 

    26.III.2019

    - 2 masques de pacotille façon Fête des morts mexicaine, 
    - un petit bracelet de plastique alternant petits crânes et croix de tibias, et 
    - l’équivalent squelettique des trois singes de la sagesse : un crâne qui se bouche les orbites de ses mains décharnées, un autre les os-reilles, le troisième les mandibules. 
    Halloween. Toussaint. Fête de morts, défunts et trépassés… Et je pense d’autant plus à Ariel d'Ybiade, ce mystérieux testateur qui a fait de moi son légataire universel.

     


    Vendredi 02.XI.2018

    Je marche nez au vent, privilégiant les rues ensoleillées. 
    Sur les berges de la Seine entre Issy et Meudon, les planches en bois mouillées par la dernière pluie me rappellent le plancher de l’appart d'Ariel d'Ybiade, désormais mon appart du 16e. 
    Cœur de Loup 
    Ur Gaïna 
    Philomate 
    Ephélide 
    Les péniches amarrées de noms rares chamarrées rythment mon parcours improvisé.

     


    Samedi 03.XI.2018 

    Avec Régine. Vide-grenier, Porte de Saint-Cloud, le quartier de l’appart d'Ariel d'Ybiade. Achète un tarot  espagnol et un pot de pharmacie en porcelaine de Limoges estampillé ELIXIR DE LONGUE VIE.

    26.III.2019

     

    je dépose le tout rue Dingo dans l'appart du Vieux. J'ouvre les fenêtres pour aérer et, en attendant Régine, contemple le salon, assis dans un fauteuil confortable mais qui ne paie pas de mine. je tourne le dos à la fenêtre et embrasse du regard toute la pièce jusqu'à l'entrée de la chambre. les dégâts de l'inondation me dépriment.

    L’appart est sens dessus dessous. Il y en a partout. Je ne suis pas prêt de faire le tri de tout ce bazar. Par quoi commencer. 
    Je reste assis dos à la fenêtre. Les cloches de l’église proche carillonnent à toutes volées, longtemps derrière moi. 
    Régine arrive.

     

      

    Dimanche 04.XI.2018

    Toubib or not toubib ?
    Se soigner ou pas ?
    Etre ou ne pas être ?
    Vivre ou mourir ?
    Faut-il chercher à comprendre ?
    Faire ou ne pas faire ?
    Voir ou se voiler la face
    Ouïr ou se boucher les oreilles 
    Dire ou se taire ?
    Dire ou se taire
    quant au contenu du pot en porcelaine
    Elixir de longue Vie

    Drôle de journée. Vide-grenier le matin avec Régine, Porte d’Auteuil. Elle fait ses affaires, moi les miennes. Pris des photos pour ma collection.
         - Crâne en bronze signé Laborie, 800 €.


         - Un crâne grisâtre en je ne sais quoi


         - 2 exemplaires d’une tête corbæcquetée


         - une lampe...éteinte


    Parallèlement passage rue Dingo pour déposer mes trucs et en trier d’autres. Il est prévu que je passe un certain temps dans l’appart.
    Bref il est minuit. Je suis rue Dingo. Depuis un moment. Nouveauté ! ce qui, après recherches, se révèle être pas moins que la Punaise Diabolique dont la ville, nous dit-on, est infestée. Vade retro, saleté !

    26.III.2019

    Je t’ai eue ! Téléphone dans une main (Régine), lourde tasse, premier récipient trouvé en vitesse, dans l’autre. Je t’ai eue ! La dure et lourde tasse contre le fragile vitrage, sans le casser, je t’ai eue ! Et toi qui espérais sans doute m’échapper en restant tapie au fond de la tasse. Mais je te voyais dans le miroir qui garnit celui de la vitrine. La tasse désormais retournée sur la table basse en plexiglas et toi prisonnière. Je déciderai de ton sort demain. Il paraît qu’il ne faut pas t’écraser. L’odeur. Laisse-moi rire. L’odeur. Qu’est-ce que ça peut bien faire, l’odeur. Une de plus ou de moins, ça pue déjà, alors. Ne manquait plus que ça. La Punaise Diabolique, maintenant.
    Tu parles d'un cadeau cet appart. Ça se détraque de partout. Inondation ; submersion. Et maintenant la punaise diabolique. 

    Passons à autre chose. Sur l’ordi, dans la chambre-bureau, pour la première fois, je regardai le contenu des disques remis par l’hôpital Cochin ou la Pitié. Coronographies. Mon cœur. Mes artères. Coronaires. Iode. Fuite ? C’est pas bon ça. Ça craint, c’est sûr. 

    Au début, ça se déglinguait de partout. Les uns après les autres, les organes rappelaient que tout le corps avait morflé du pet cardiaque. Mais ça va tellement mieux qu’il paraît que je reprends le boulot lundi. La semaine prochaine.
    Ça s’accélère. Fin du bon temps de la convalescence avec Régine aux petits soins pour moi. Boulot, appart inondé... Dure dure la rentrée.
    Sur le canapé du salon. Devant moi, la télé dans un meuble. Un meuble dont les néons des vitrines éclairent la pièce. Trois vitrines. Celle de gauche servit à la capture de la punaise. La Punaise Diabolique. Qu’est-ce que c’est que cette nouvelle plaie ? Un cauchemar cette rentrée.
    Advienne que pourra. Bourre et bourre et ratatam. Amstramgram.
    Et comme souvent, pour relativiser je pense à Régine, à mes proches, à mes sauveurs et à toute la chaîne humaine qui s’est relayée pour me retaper si bien.
    Cet appart ne me déplaît pas. Malgré son insalubrité provisoire, le deux-pièces du Vieux m’inspire de bonnes choses. Il recèle assurément des trésors. Spontanément, comme ça vient, des bouquins, des guitares, du matos audiovidéoinformatique, des tableaux et toutes sortes de trucs pour le seul salon. Avant même d’ouvrir placards, tiroirs, boîtes et autres rangements. Et ya la chambre, du même tonneau. Ya du boulot !
    Je vais me coucher. C’est du camping. Au milieu de tout ce capharnaüm. Demain il fera jour. Etre en forme demain. Une longue journée de prévue.

     


    Lundi 05.XI.2018

    Journée de démarches en tous genres. Logement, boulot… Revu avec plaisir bon nombre de collègues ; dans le bureau, David a accroché une affiche de circonstance

    26.III.2019

    ... Passe prendre quelques affaires rue Dingo et repars chez Régine.
    Je reviendrai chez le Vieux demain.

      

     


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    Mercredi 27 mars 2019

    12 :30

     

     Version numérique du Manuscrit original du Journal de René Tromplamor.

    Suite 1


    Rue Dingo, le 06.XI.2018

    Cuisine de célibataire. Surgelés de poisson et légumes. Sel maîtrisé ? Dans la poêle. on dirait une radiographie en couleurs d’un poumon avec côtes apparentes

    Ça cuit.
    Le portable se décharge. A côté, une lettre pour la Sécu, y avait longtemps.
    Le salon. Quel souk ! Suite à l’inondation et au passage de Régine, un tas de fringues par terre. Premier tri des vêtements du Vieux. Classement de papelards étalés sur la moquette épongée. Sécu, boulot, assurances. Je n’ai pas fini de trier mes propres papiers.
    La tv allumée…
    Dîné. Vaisselle dans l’évier.
    Assis devant la tv. Prise de tête. Eteins le son.
    Médocs ok. 
    Moment du jour : Visite chez la cardiologue rue des Acacias RAS Malgré l’étrange tension artérielle. Rendez-vous le 04.II.19
    Assis devant la tv sans le son. Petite montée de chaînes.
           Un vieux malade perfusé ; ça me rappelle quelqu’un. Le toubib, bellâtre comme de bien entendu.
           … Independence Day ...
    Sonnerie du téléphone rechargé. Je débranche le portable. Ah oui, la lettre pour la Sécu... Ne pas oublier.
          … La France a un incroyable Talent. Régine regarde-t-elle ça ? Dix heures et demie, un peu tôt pour l’appeler.
            … un accident de la route. Hosto en perspective. 
            … Spider-Man
            … une inondation ! Catastrophique !
         … Chaînes d'infos.… Des encarts partout pire qu'un pare-brise de voiture. Gros titre : MARSEILLE : QUI SONT LES RESPONSABLES ?
    Et pour ce qui est de cet appart ? Incroyable, reçue aujourd'hui, la réponse du bailleur à ma lettre me dégage de toute responsabilité. C'est déjà ça. A suivre.
    Il se fait tard. Il faut que j’appelle Régine.
                CNEWS LOGEMENTS INSALUBRES, QUELLES SOLUTIONS ?
    Ne me demandez pas ! …
    Téléphone Régine. Tout va bien. Et comme moi même soirée zapping tv.
          … Dessin animé. Une machine à laver. Plomberie souterraine. Remontée  de l'eau.  Toilettes. Inondation non au secours ras le bol !
             . Kanaks, l’histoire oubliée.
             . American Nighmare 2 : Anarchy
             . Foot
             . Une jeune fille, un rat entre les mains.
             . Mourir pour la France
             . Champs de batailles. Un encart promotionnel à gauche de l’écran :

    ESCAPE
    21 jours pour disparaître
    DEMAIN 20:50

    Tu parles d’un compte à rebours à coller à cette émission. Disparaître… Mourir au combat,... ou fuir cet enfer, s'échapper, s’évader ? 
            . Snapped Les Femmes tueuses. Décidément c'est gai. 
            . Chaînes d’infos : pubs et foot. Tout ce que j'aime. 

    Un nouveau balayage de chaînes, à rebours. Je délaisse la tv mais la laisse allumée.
    Devant moi, un meuble de bois peint en blanc, crème et, on l'aperçoit, derrière deux grandes toiles vierges trouvées par Régine dans la rue (!) et entreposées devant, en orange.  La tv, petite, est dans un espace ad hoc. Le meuble repose sur un piétement en alu et est coiffé d’une galerie de vitrines. Triple vitrine. Avec petits néons assez puissants pour éclairer une partie de la pièce.
    A gauche du meuble, complètement  coincé par le mur ouest, un petit meuble étroit, avec vitrine lui aussi.
    Au-dessus de tout ce mobilier, des dossiers, un bazar, des peintures, nombreuses, de toutes tailles, figuratives, abstraites… Le Vieux était peintre.  
    A droite du grand meuble à la tv, l’entrée du salon, donnant sur le couloir, sans porte, qu’un rideau peut fermer. De l’autre côté de l’entrée, un lampadaire halogène et un petit meuble bibliothèque, piédestal d’une tête phrénologique en céramique. Pouvant disparaître derrière la porte fermant sur la chambre, un tableau ? non une photo, abstraite, colorée, au-dessus d’une petite table pliante en bois.
    J’éteins les néons des vitrines. J’allume une petite lampe art déco derrière moi, sur la cheminée. Ancienne ampoule à filament. Une lumière d’antan.
    Assis sur le canapé du salon. La tv muette en face de moi.
    Sur ma gauche, sur un petit meuble près de la fenêtre, des photos de famille. Qui est Ariel d'Ybiade, s’il apparaît sur l’une d’elle ?
    Immédiatement sur ma droite, deux étuis de guitare rangés comme des bêtes à l'étable. Derrière, le profil du manche d’une basse sûrement posé sur un trépied comme le sont plus loin les deux guitares électriques, en biais, parallèles, devant une biblio disco magnétothèque hi-fi.
    En rentrant de chez la cardiologue, j’ai joué longuement sur la guitare du premier étui, le noir. Une Takamine.
    Sous mes pieds, le parquet ondule, gonflé par le sinistre dégât des eaux. Cadeau empoisonné que cet héritage. Un gourbi qui part à vau-l’eau.
    Bientôt minuit. Je me penche sur le pot de porcelaine acheté samedi. Elixir de longue vie. Je soulève et repose le couvercle du pot du dernier vide-grenier et capte la lumière du Paris d’antan. J’éteins la lampe art déco. Ne reste plus qu’une lumière visible au fond de la chambre.

     


    Mercredi 07.XI.2018

    Je traîne au lit, dans des draps propres, au chaud. Dehors, il fait un temps pourri.
    La chambre est tout autant encombrée que le salon ; le parquet gondole après la grande submersion. C ’est catastrophique.
    Devant moi, la porte de la chambre entrouverte. Une porte décorée d’un trompe-l’oeil inachevé : des étagères ; des livres et des objets décoratifs parmi lesquels un métronome et une coquille de nautile, deux choses remarquées sur le vide-grenier de samedi. 
    Je regarde la pièce. Quel chantier !
    Il est tard. Il faut que je m’agite. Bientôt ce sera dès huit heures qu’il faudra me préparer et aller au boulot. Bus et tout le toutim. Je savoure d’autant mes résistances à me lever. Comme avant. Comme si rien ne s’était passé.
    Et si je faisais une liste de courses ? J’ai rempli le congélo hier mais le frigo est vide. Bon allez debout !

    Avant d’être un gourbi, l’appart de la rue Gudin avait du être un beau 2 pièces. Traversant est-ouest.
    Suis dans la chambre. Sur l’ordi du Vieux qu'aucun mot de passe ne protège. Quel aubaine ! J’ai l’univers ou le petit monde d'Ariel d'Ybiade à disposition. Je vais me faire une idée de la personnalité de mon « bienfaiteur », le connaître mieux.
    Par quoi commencer ? Nettoyer l’appart ? Nettoyer l’ordi ? Analyser ? Trier. Sauvegarder.
    Par tout les bouts, ya du boulot.

     


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