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    Jeudi 04 avril 2019

    15:00

    Halyomorpha Halys, le retour.

    Après la découverte hier du cadavre d'une Punaise Diabolique dans le salon,

    04.IV.2019

    j'en aperçois un autre dans la vitrine d'un antiquaire en rentrant du boulot.

    04.IV.2019

    04.IV.2019

     

    A part ça, sans aucun rapport, bonne fête à tous les z-Isidore, comme disent parfois les dames météo à la TV les 4 avril.

    Sans aucun rapport non plus, fini aujourd'hui deux aquarelles pour Régine :

     

    04.IV.2019

     

     

    04.IV.2019

     

     

    Tant que j'y suis, je rajoute deux Galipets :

     

    Dom Pérignon invente le Niveau à Bulles   

    ou   Melchisédech Thévenot invente le Champagne

    ready-made         73 x 60 cm

    04.IV.2019

     

     

     

    Poste de Douane pour Oiseaux migrateurs

    ready-made         55 x 46 cm 

    04.IV.2019

     

     


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    Lundi 15 avril 2019

    Les jours passent, je me décide à terminer la transposition des premières notes du journal de René Tromplamor. Il est temps d'en finir avec ça et de rattraper définitivement le retard accumulé. 

    La quantité et la densité de ces notes ne m'encourageaient pas à m'atteler à cette besogne. La procrastination a du bon. Aujourd'hui, tout bien considéré, la transcription intégrale des fastidieuses narrations ne paraît pas nécessaire. Ne seront retenues que les grandes lignes des faits principaux.  

     

    Version numérique du Manuscrit original du Journal de René Tromplamor.

    Suite 2

     

    Mercredi 07.XI.2018 

     

    De nouveau rue Dingo ; je vais encore passé une nuit ici.
    Bon, je vais éteindre la télé pasque c'est du grand n'importe quoi.
    Il serait temps quand même que je décrive en deux mots mon héritage.

    [ Suivent la description de l'entrée et une présentation sommaire du plan de l'appartement d'Ariel d'Ybiade. ]

     

     

    Jeudi 08.XI.18

     

     02:17

    Examen de l'ordi du Vieux en quête de renseignement le concernant. Je me fais une petite idée de ce qui m’attend. Ça ne va pas être si facile. L’ordi du Vieux foisonne de dossiers en tous genres. Je vais être obligé de les examiner un à un. Allez procédons avec méthode. Commençons par le premier et voyons voir ce que ça donne...

    Hier soir, je m’étais cantonné à décrire l’entrée de l’appartement, impatient de découvrir des informations concernant le Vieux sur son ordi. 
    Complétons le plan dessiné hier. plan 
    On le voit, l’appart est bien conçu. Les pièces principales communicantes permettent divers itinéraires selon que l’on passe ou non par le couloir mitoyen qui les double. Aux bouts de celui-ci, les salles d’eau. Au milieu, un cagibi fort appréciable, rempli à ras à l’image de tout l’appartement. 
    L’énorme masse de choses à trier me décourage. Et en plus le notaire m’a parlé d’une cave. Ça promet.

     

    16:00

    Toujours rue Dingo il est 16 heures.

    Allez, maintenant priorité au rangement. Alors c'est simple ya des priorités dans chaque pièce. On va commencer par l'entrée. A tout à l'heure.

    (...)

    Bon, le couloir est dégagé. Le salon encombré mais ordonné. Il ne reste plus que la chambre à   « nettoyer ». Que faire de ces cartons à dessin qui empêchent le passage ? On verra plus tard. Je veux d’abord voir les documents que j’ai trouvés dans l'un d'eux dessin en piteux état. Des radios sûrement.

    [ Suit la description des radiographies médicales grâce auxquelles René se fera une image caricaturale du Vieux. ]

     

     

    Dimanche 11.XI.2018

     

    De nouveau chez Ariel d'Ybiade, rue Dingo. Je reprends le boulot demain. On va voir. Etape 1 : Réveil... Réveille-matin ; Réglage de l'alarme pour demain matin.

    (...)

    Il est 22:00. Ça fait cinq ou six heures que je suis rue Dingo. où je me sens finalement très à l’aise. je suis devant la tv.

    (...)

    Long coup de fil d’Olivier.

    (...)

    Demain, reprise boulot. Comment je le sens? je sais pas. On verra bien. 

    (...)

    Téléphone. Longtemps. Régine. 

    Tv : des pubs débiles 
    . Apocalypse 
    … Génocide arménien 
    … Bones 
    . Cold Case 
    . Chroniques criminelles 
    . SOS ma Famille a besoin d’aide 
    C’est gai. Ça va bien, j’éteins la tv. Ne restent plus que les néons des vitrines pour éclairer la pièce. 
    Par où commencer ? Là où j’en étais resté hier, à une radio du coude droit. L’enveloppe suivante, 29 décembre 1971. Où il faut superposer trois radios pour reconstituer la longueur du rachis, des cervicales à mi-sacrum et où l’on apprend que le Vieux était bancal.  

    [ Poursuite de l'examen des radiographies médicales du Vieux. Avec ces radios, petite reconstitution physique d'Ariel d'Ybiade. Nez, épaule, coude, tronc, genoux. Puzzle inquiétant à la Giger ou à la Marylin Manson. Une caricature ferait le Vieux boiteux à cause d’une jambe plus courte que l’autre et tors à cause d’une légère scoliose, avec en plus un nez de boxeur. ] 

     


    Lundi 12.XI.2018


    Il est pas encore une heure, c’est bon je vais pas tarder à aller me coucher ; je vais pas être habitué à me lever si tôt moi… C'est que ça me faire tout drôle ça. Dès neuf heures, visite médicale de reprise de travail... 

     

    17:15

    Alors aujourd’hui c’était une drôle de journée quand même.  … On frappe. Bon stop.

    C’était l’assureur du voisin du dessous, j’ai bien fait d’être là... Donc aujourd’hui reprise du boulot, ça veut dire réveil, reprise de la routine du matin, ça veut dire quoi d’autre ? Bus, dans les embouteillages, sous la flotte comme d’habitude, bon j’arrive un poil en retard à la visite de reprise de boulot et allons-y, encore des papelards et puis un nouveau rencard avec le médecin du travail, un rencard de toubib de plus alors il va falloir que je note tout ça parce que... Ensuite suis passé voir le grand chef après j’ai vu des collègues divers beaucoup de collègues... Puis ya eu une petite réunion du service, tout le monde aussi étonné que moi que je sois là. Qu’est ce que je fous au boulot on se le demande moi je fais ce que je peux je rame je sais pas où j’en suis ça va trop vite...

    Bon. Toubib, administration, boulot, et passé voir les pompiers mais ce n'était pas la brigade qui m'a sauvé la vie. Au passage, ça ne s'arrange pas à la Maison de la Radio :

     

    15.IV.2019

     

    Bouffé à la cantoche avec les collègues et retour chez le Vieux, chez moi, quoi... 

    Je faisais de la guitare j’en ai un peu trop fait parce que maintenant après la visite des assureurs du voisin du dessous et ben mine de rien il est six heures moins le quart quasiment. Bon je suis chez le Vieux j’ai joué de la guitare comme à chaque fois que viens ici d’ailleurs mais je n’ai pas encore fait de guitare électrique ni de basse si la basse j’en avais fait un petit coup sans la brancher...  Et maintenant dans la chambre c’est un bordel bon on va fermer les rideaux déjà…. C’est la m… bon alors des fringues yen a partout là c’est c’est n’importe quoi ! ah purée Alors dans la chambre c’est le chantier il faut absolument que je range ça...

    Je suis dans la chambre assis sur le lit… Alors les dégâts de l’inondation dans la chambre c’est la cata ! ça tourne la tête c’est du grand n’importe quoi la chambre… et puis ya quoi là c’est une mouche en plus maintenant… Bon enfin bref rien n’a bougé depuis l’autre fois toujours le bordel là au milieu de la pièce alors au fond n’en parlons pas. 

    [ Description fastidieuse de la chambre et notamment de sa baroque cheminée à hotte qui m'évoque un temple maya ]

     

    23:30

    Non, je ne vivrai pas une vie ascétique Surveillance de l’alimentation, d’accord. D’autres recommandations aussi. Mais je me permets quelques entorses à une stricte observance. Ça va bien, je vais pas me mortifier en attendant la fin de l'histoire. A quoi bon être un ascète ? Ce n’est pas ma voie. 

    Quant à ma voix, elle était sur le dictaphone. Des enregistrements de cet après-midi. Je les ai retranscris plus haut.

     

     

    Mardi 13.XI.2018

    (...)

    05:36 

    Réveil brusque. Un truc s’est cassé la gueule quelque part dans l’appart mais quoi ? Un tour rapide. Je n’ai rien vu.

     

    15:00 

    Retour rue Dingo. 
    Le matin, panne de réveil. Retard. Retrouve la routine du boulot. Déjeuné avec David, Rebecca Gyorgy, Frédérique. Retour à pieds. Beau temps. 
    Guitare. 

    (...)

    J’ouvre la vitrine, choisis le plus bel éclat d’obsidienne et le dépose sur le secrétaire de la chambre qui trône devant la cheminée. 
    Il se fait tard. Appelle Régine sur son portable ; au même moment sonne le fixe. C’est elle. 

    (...)

     

    Mercredi 14.XI.2018 


    11:40
    Rue Dingo. Le mercredi, je ne travaille pas. Mi-temps thérapeutique, comme ils disent. 

    Trouvé un vieux calendrier des Postes dans la chambre. A l’époque, - 1961, excellent millésime-, avant-hier, le 12 novembre, jour de ma reprise de boulot, on fêtait la Saint René ! Dans le temps, ça aurait été ma fête.

     

    22:20 
    L’après-midi, fait un peu de rangement dans l’appart. On y voit plus clair. 

    Suis allé à pieds au parc de l’Ile Saint-Germain pour retrouver Régine. 
    Retour bus. 
    Guitare

     

     

    Vendredi 16.XI.2018 

    Boulot : Marie-T & David. 
    Déjeuner : David & Gyorgy. 
    AM : Rue Dingo.

    15:30 
    Sur l'ordi. Je découvre des filons qui me conduisent à créer mon propre sillon dans toutes ces informations. 
    J’ouvre un dossier René dans Documents. Je vais y mettre tout de suite les fichiers de mes récentes découvertes. 

    Je m'aperçois que le Vieux avait conçu plusieurs blogs. L'un d'eux, bibelotheque.eklablog.com répertorie entre autres toutes ses peintures accumulées un peu partout dans l'appartement.

      …

    Il est temps de partir chez Régine.

     


    Dimanche 18.XI.2018 


    22 :50 
    Rue Dingo. depuis fin d’après-midi


    23:15 
    Je commence à en savoir long sur Ariel d'Ybiade mais je réalise tout à coup que je ne sais pas de quoi il est mort. Si ça se trouve il est mort ici, chez lui - tout de même le notaire me l’aurait dit - dans la cuisine peut-être – il faudrait déjà qu’il soit au courant– Pourquoi pas à cause du gaz ? J’ouvre la fenêtre de la cuisine; Eh le bon air de Paris ! Il va falloir ramoner. On ne sait jamais. Manquerait plus que la casbah se remplisse de monoxyde de carbone. Déjà que j’ai loupé l’entretien de la chaudière. Injoignables p. r.v. 
    Il est bientôt minuit. 
    Dans la cuisine. Par la fenêtre ouverte, vois les feux d’un avion dans nuit, avion qui vient de passer juste au-dessus de l’immeuble. Non mais, depuis quand ? C’est nouveau, ça ! on est à Paris tout de même ! 
    Je regarde un des innombrables bouquins de la bibliothèque du salon. Ce livre m’intrigue. je ne sais plus si c’est moi qui l’ai rangé dans la bibliothèque où s’il s’y tenait déjà et appartenait donc à Ariel d'Ybiade

        STUPEFIANT 

    C’est le titre du bouquin. 
    Il va falloir changer l’éclairage du salon. La lampe art déco sur la cheminée n’éclaire pas assez pour lire correctement. 
    Défilé des gravures du bouquin. Ya plusieurs illustrations de la morphine. Faut que je vois ça. Le terme morphine désigne pour mes proches les drogues dont on m’a abreuvé ya bientôt 7 mois. Déjà 7 mois. C’est déjà l’automne ; très bientôt l’hiver. Je finis de feuilleter le bouquin. 
    Il faudra que je pense à regarder mieux certaines gravures. Je range le bouquin. 
    Tv. Infos. Aller-retour cuisine pour grignotage. Un des petits plaisirs que je m’octroie de temps à autre. Pas d’ascétisme, je l’ai déjà dit. Foutu pour foutu. Si je te le dis ; on va tous crever. Si, si, ça paraît dingue mais je t'assure, c'est certain. Alors pourquoi se priver, je te demande un peu.

     


    Lundi 19.XI.2018 
     

    18:25
    Je ne croyais pas si bien dire hier soir. Je me surprends en plein grignotage.
    Gare à ce que les petits plaisirs ne deviennent pas des absurdités par excès, par répétition puis par les deux.
    Là je suis à la limite de l’absurdité. je suis en train de bisser une infraction.

    21:20
    Echangé des lampes. Cette fois, je peux lire et écrire le soir, dans le canapé. Ça change la vie.
    Tv. Une kyrielle de pubs. Quelle société ! Il paraît déjà loin le temps où je me suis totalement et aisément passé de tv pendant deux mois.

    22 :20
    J’ai attaqué la 2e semaine de boulot. Roger S., de retour avec quelques autres du service d’un stage de secourisme, m’apprend que mon aventure fait figure de cas d’école. les pompiers qui encadraient la session n’arrêtaient pas de parler de moi.
    Normalement, jeudi, je dois enfin voir mes sauveteurs, mes sauveurs.
    Alors enfin, cette rentrée sera consommée.

    23:00
    Je triple l’incartade de la journée. Je suis René le triple fou.



    Mardi 20.XI.2018

    03 :07 
    Tout à l’heure, 2e folie de la journée.
    Pas encore couché. Décidément, je déconne complètement en ce moment.

    Depuis plusieurs semaines, depuis que je me rends régulièrement rue Dingo, j'extravague de plus en plus. Ça ne va pas du tout. 



    Mercredi 21.XI.2018

     18:25 

    Pour raison de mi-temps thérapeutique, je ne travaille pas le mercredi. C’est formidable. Ce matin, grasse mat énorme rue Dingo. 
    Cet après-midi, un peu de rangement de l’appart. 
    J’écoute Crosby ,Stills, Nash sur la chaîne hi-fi tandis que je scanne d’intéressants documents d'Ariel d'Ybiade. Tout un programme. Mais ça vaudra le coup. Gain de place notable une fois les originaux jetés. 

    Au-dessus de la tv, un abattant. Bar. Nouveau genre d'écart de conduite. Je me sert un fond de téquila. 
    L’appart Ariel d'Ybiade me propose ce genre de tentations. Et elles me sont mélancoliques. Telle était ma vie ya encore quelques mois de cela. Des petits plaisirs. Terminé tout ça. Maintenant, je dois contrôler tout ce que j’ingère. C’est bien triste. Je me ressert d’un peu de téquila. Ça me rappelle le temps où je croyais n’avoir aucun problème de santé. 
    Le cd s’achève sur After the Storm. 
    Après la tempête, un verre d’alcool à la main. Qui l’eut cru fin avril. 
    Ce n’est pas sage, mais c’est tellement bon pour le moral, même si ça génère un fond d'atrabile. Cette frasque me ramène au temps béni de l’insouciance.

    19 :44 
    Je suis maintenant sur l’ordi d'Ariel d'YbiadeDiscographie conséquente. Je retrouve quelques titres que j’écoutais en boucle sur mon téléphone, en soins intensifs, le soir avant de dormir. M. Kiwanuka Love & Hate… E. John Believe… B. Dickinson Arc of Space… B. Marsalis & J.Calderazzo Hope… 
    Je me rappelle. L’hôpital. les épreuves. Le passé. Irréel. Déjà. 
    Et je suis là. Chez Ariel d'YbiadeChez moi. Libre. Je réécoute ces morceaux. Quel décalage. Comme reprendre le boulot. Comme si rien ne s’était passé. Surréaliste. Comme mon retour de Muncie, Inadiana, pour reprendre directement le boulot sans même avoir eu le temps de passer chez moi déposer ma valise.
    Et j’écoute ces morceaux comme je les écoutais avant l'hosto. Chez moi. Libre. Vivant. Indépendant. Sans drains, sans électrodes, sans passages d’infirmières… 
    Dans le salon, la tv dont je m’étais pourtant parfaitement bien passé deux mois durant. 
    Il est l’heure de dîner. La vie, aussi triviale qu'avant.

     

     

    Jeudi 22.XI.2018

    15:00 
    La boucle est bouclée. J’ai enfin rencontré les pompiers qui m’ont sauvé la vie. Une bonne chose de faite.

     


    Vendredi 23.XI.2018

    15:50 
    Rue Dingo.  
    Une deuxième semaine de reprise de boulot est passée. Pas désagréable ce mi-temps thérapeutique. Tout à l’air de se passer pour le mieux. 
    Parti déjeuner avec David et Gyorgy. On retrouve Vincent, Frédérique et Marie-Do. 

     

    Dimanche 25.XI.2018 

    20:10 
    Rue Dingo

    J’ai fait un tour en Ybiadie. 
    C’est le nom d’un fichier captivant trouvé dans l’ordinateur d'Ariel d'Ybiade.
    Une pensée me vient 
    J’aimerais mes poussière ou cendres poudre noire d’un sablier. 
    Mais attention je porte un Medtronic 24952 

    (...)

    Bon alors c’est clair, je suis complètement fou, c’est bien ce que je disais l’autre fois. 

    Donc on cherchait les séquelles, c’est ça, je suis complètement taré. Mais bon c’est pas grave on vit dans un monde de barjos alors je fais mon délire un point c’est tout.

    Là on est dimanche soir, je ne suis absolument pas près pour demain matin mais on verra bien, une nouvelle semaine commence et ça c’est complètement fou aussi. 
    Une nouvelle semaine de boulot mais bon mi-temps thérapeutique hein calmos. 

     


    Lundi 26.XI.2018 

    02 :39 
    Comme hier, j’ai fait un tour en Ybiadie. 
    Je comprends mieux certains dossiers de l’ordi. Ce sont les projets sur lesquels Ariel d'Ybiade travaillait. Mais comme cela est compliqué ! Quel amphigouri ! 
    Est-ce bien raisonnable de se laisse embarquer dans cette chimère ? J’ai plus urgent à faire. Et pourtant, l’attrait du dossier Ybiadie est irrésistible. Exactement comme le sillage jasminé du foulard de la fée du matin de Cochin. 

     


    Mardi 27.XI.2018

    16:00 
    Rue Dingo

    Tout à l'heure je réalisai que j’avais dû laisser à la pharmacie l’enveloppe matelassée contenant des documents d'Ariel d'Ybiade scannés au bureau. Je me rhabille et descend en vitesse. On me remet l’enveloppe, ça passe comme une lettre à la poste.

    Et là, je viens de faire un petit tour en Ybiadie. 
    Tout va pour le mieux.

    18:00 
    Je continue mes conneries mais après tout je ne crains rien je porte un MyCareLink 24952 de chez Medtronic.

     

     

    Mercredi 28.XI.2018 

    19:45 

    Grasse mat ce matin, mi-temps thérapeutique. 
    AM :
    Je continue mes conneries je ne crains rien je suis sous surveillance.  
    Tour en Ybiadie. 
    Le dossier dans l’ordi d'Ariel d'Ybiade est rempli de merveilles. Elles sont si enivrantes que j’en oublierais presque qu’elles ne sont que les illustrations du grand projet du Vieux. 

    Il n’avait peur de rien, Ariel. Une vie n’y aurait pas suffit. D’ailleurs elle n’a pas suffit. Son oeuvre prenait trop de temps à s’édifier parce que labyrinthique. Il s’y perdait lui-même, je pense. Des années de brouillons, tous nouveaux ou à chaque fois repris, complétés, rapetassés, classés par versions millésimées. 
    Heureusement, je pouvais noter certaines évolutions du brouillon d’un texte dans le temps ce qui m’aidait à mieux comprendre ce que le vieux sous-entendait. A force d’intrusions dans son ordi, peu à peu, je commence à appréhender son ambition et à me faire une conception de sa philosophie. 
    Je réalise qu’il me faudra devenir l’exégète des élucubrations alambiquées d'Ariel d'Ybiade pour le faire comprendre. Je dois élaborer une version simplifiée de la mythologie conçue par le vieux sans qu’elle ne perde sa magie. 

    Je comprends cette utopie, cette chimère. Le vieux construisait un monde parallèle qu’il avait baptisé Ybiade. 

    On prend conscience de l’ampleur du chantier quand on découvre la plus ancienne date d’enregistrement d’un document, le 31/08/2000. 
    2000 ! On est déjà le 29.XI.2018 et il est 01:00 du matin.

     


    Jeudi 29.XI.2018

    15:00 
    Déjeuner avec Gérard & Loïc. 

    Rue Dingo. Comme presque tous les jours, guitare et Ybiadie. 

    Comment procéder pour faire un plan de ce labyrinthe ?… 
    Je me déclare ybiadologue. J’ai le droit. Ce truc est à moi. 
    Oui le dossier Ybiadie oui l’ordi oui l’appart. Tout est à moi maintenant. 
    Tout, jusqu’au souvenir du vieux dans lequel j’infuse en passant tout ce temps chez lui. Je commence à me fondre dans le décor ou est-ce que je m’imprègne de la personnalité d'Ariel qui remplie le moindre recoin de l’appartement? 
    Bon, je n’arrête pas de parler d’Ybiadie, mais ça n’intéresse que moi finalement, pour l’instant. Revenons plutôt à l’appartement. 

    [ Finalisation de la description de l'appartement ]

      

    (...)

     


    Dimanche 02.XII.2018

    19:20 
    Rue Dingo. 
    Dans la chambre, face au mur sud, la fenêtre à l’est à ma gauche, assis devant l’ordi du vieux sur une vieille table à dessin sur tréteaux en bois. A ma droite, le temple maya, c’est-à-dire la cheminée rococo, avec devant le sombre et ancestral secrétaire en bois verni. Sur le meuble, au  milieu de lampes et d'objets de déco , le moniteur de télétransmission bionique et l’aztèque obsidienne que j’ai rapportée des vitrines du salon. L’obsidienne bistouri qui sacrifie un sternum pour atteindre le cœur du sacrifié aux statistiques technico-médicales. 

    C’est bientôt l’heure des médocs

       (...)




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  •  

    Version numérique du Manuscrit original du Journal de René Tromplamor.

    Suite et fin enfin 

     

    Vendredi 07.XII.2018

    00 :15

    Pas de sauvegarde. L’ordi du vieux m’a planté provisoirement le fichier du Journal de René A. Jadelyaud 
    Alias René Judicaël Abdel Ayadi 
    C’est à dire moi-même
    Celui que l’on surnomme
    René Tromplamor
    Lazare II
    Fantômas
    Le Revenant
    Le Fou

    L’invité d’Ybiade
    Baptisé
    Jean Elie Dracula d’Ybiade

    En tout cas cet incident informatique ne me contrarie pas au point de me priver d’aller à Ybiade.

    J’ouvre le dossier sans crainte. Il est polysauvegardé.

     

    15:30 

    Comme hier, déplacement de meubles, arrachage pans de moquette, premier grattage parquet, remise en place meubles. Petits bouts par petits bouts. Trop galère.
    Parce que je l’ai bien mérité, petit tour à Ybiade.

     

     

    Lundi 10.XII.2018

    00 :20 

    Après week-end avec Régine, retour rue Dingo. dimanche soir.
    Arrachages pans de moquette…

    Tour à Ybiade.

    Maintenant, Jean Elie Dracula cède la place à René.
    JED d’Ybiade n’est pas l’avatar de René, c’est-à-dire mon double mais le nom que je porte à Ybiade. De même que le Vieux portait celui d’Ariel d’Ybiade.
    Je suis simplement de retour d’Ybiade.
    J’ai fermé le dossier du Vieux, ouvert ma partition et ce document.

     

     

    Mardi 11.XII.2018

    23 :55 

    Enregistrement de l’après-midi
    Je regarde le salon. Ça y est. Le parquet n’est pas décapé, de toute façon c’est le boulot de l’entreprise dont j’attends toujours des nouvelles, mais hier j’ai bien bossé. Le salon est débarrassé de la moquette  putride. 
    J’ai récupéré un tapis pour éclairer un peu le sol sombre. Il occupe l’espace du coin tv. Déjà on voit les lattes toutes gondolées en-dessous mais au moins c’est un petit peu plus moelleux que ces lames de plancher qui portent bien leur noms. On sent bien leurs arêtes. Et puis le tout se gondole, c’est les montagnes russes.

    Alors, à midi, ya eu un pot organisé par le service pour fêter mon retour. J’ai apporté des trucs à boire et à manger parce qu’izavaient concocté un menu des plus austère pour tout le monde donc j’ai amené du crémant et de quoi faire nos monacos avec David. 
    Bon qu’est-ce qui ya eu après ? après je suis rentré rue Dingo…. oui, yavait un temps pourri du genre à donner envie de rien. Alors j’ai pas fini de décaper la chambre parce que ça mdisait rien. On n'y voit goutte. Voilà.


    00 : 15

    Je vais faire un tour à Ybiade.

     


    Mercredi 12.XII.2018 

    Grosse grasse mat. Brouillon pour le mot de remerciement pour le pot d’hier au boulot.
    Beau temps. Marche thérapeutique Porte d’Auteuil, retour bus, pharmacie…


    17 :45
    Revenu d’un tour à Ybiade.
    Depuis le temps que j’étudie le dossier du Vieux, je sais comment y aller. Il va falloir que je mette ses brouillons à jour et au propre et ça va représenter un boulot ! En attendant, puisque j’ai trouvé la clé d’Ybiade, je vais simplifier le point de vue du vieil Ariel.
    Ybiade est le lieu où se retrouvent les Ybiades.
    C’est un théâtre où chacun y va de ses bouffonneries.
    On se marre bien à Ybiade.
    Faut dire que la boisson locale y fait pour beaucoup. On l’appelle Eau tout simplement mais c’est le diminutif de son nom complet Eau de Paradis.
     

    C’est pas le tout mais je n’ai rien fait dans l’appart aujourd’hui. Je vais au moins couper un bout de moquette. Il ne restera plus qu’a faire sous le lit.

     

    23 :45 

    Je reviens d’un nouveau tour à Ybiade. Plus tôt dans la soirée, comme je l’ai dit, ne reste plus que la partie de moquette provisoirement rescapée sous le lit.

     

      


    Jeudi 13.XII.2018

    14 : 35 

    Ce matin, au boulot, visite médicale annuelle. Tension 10 / 5,5
    Et lui, le toubib, comment il m’appelle ? lui-même cherchait ses mots, le miraculé, le revenant peut-être…
    Il voulait que je parle de mon moral. En gros je lui ai dit que le moral avait des fluctuations dues au changement de saison, sans m’étendre, quand bien même le cabinet disposerait-il d’un divan de psy. Mes états d’âmes, c’est mon affaire. Qu’est-ce qu’ils peuvent comprendre, tous. A part ceux qui ont eu droit eux aussi à une deuxième chance, sans trop de casse physique ou neurologique de surcroît, et qui se sentent déphasés dans cette vie saugrenue.

    De toute façon mon expérience ne fait que confirmer le choix que j’avais fait depuis toujours, depuis mes accidents du genou à vingt ans quand je commençais à travailler tandis que j’étais en troisième année d’archi. Du premier jour, j’ai toujours travaillé à temps partiel, parce qu’étudiant puis par choix. 

     


    Vendredi 21.XII.2018

    17 : 45

    Ces derniers jours, gros nettoyage de l’appartement. Fin d’arrachage de la moquette croupie, papier peint sur les caissons de portes que le Vieux avait rempli de trompe-l’œil ingénieux mais inachevés, tri de moult papiers personnels, revues et autres documents à mettre au rebut…

     

     

    Mercredi 26.XII.2018

    18:30 

    L'expert d’assurance de l’immeuble est passé ce matin très tôt mais j’étais prêt.
    Ensuite j’ai marché jusqu’à Marcel Sembat puis métro pour Bricorama. Peinture pour retouches des portes.
    Après guitare, yavait peut-être une semaine que je n’en avais pas joué.
    Fokjenvoi1sms à Lucas pour son anniversaire.

     

     

    Jeudi 27.XII.2018

    18 :20 

    Je vis
    Je ne me prive de rien, mais je contrôle

    Discipline
    Retour de Mangin à pied
    Récupère à la pharmacie un médoc commandé
    Petit tour à Ybiade
    Guitare

    En soins intensifs je rêvais de jouer Hey Hey My My
    Le désir est parti tant j’ai joué autres choses depuis
    Je projetais d’en faire des choses alors
    En réa déjà j’avais plein de sujets de peinture en tête
    Comme ces tableaux en grilles de loto remplies d’infernaux zinzolins ou d’orangés de douleur
    Comme j’étais impatient de retranscrire mes visions d’inframondes
    Finalement je n’ai rien peint depuis l’aquarelle de Chichen-Itza qui restera inachevée en raison du cas de force plus que majeure
    C’était avant que l’obsidienne sacrificielle de la sternotomie expose mon cœur à la lumière scialytique
    Rien peint ni dessiné mais j’ai avancé sur les esquisses des ciels des deux heures les plus importantes de ma vie, celles des 24 avril et juin 2018
    Et La Pharmacopée de René n’est plus qu’à peindre
    Oubliée l’accumulation frénétique de projets à faire sitôt sorti de l’hosto
    Faut dire que l’inondation de l’appart coïncidant avec la reprise du boulot après des mois d’absence, la nostalgie d’un été merveilleux et la trivialité de la vie parisienne, ont fait de parfaites diversions pour ne plus penser à ma tribulation
    La vie reprend son cours
    Les visites périodiques chez toubibs et pharmaciens
    La bosse de l’implant sous l’épaule
    Les prises de médocs
    Se sont ajoutés aux emmerdes banales
    Le plancher
    Régulièrement je marche sur les arêtes du dos d’âne tout en longueur que fait le plancher casse-gueule
    Ça grince de plus en plus à mesure qu’il s’assèche définitivement mais mon poids devenu super-welters n’a pas l’efficacité que n’aurait de toute façon pas plus eu celui que j’ai perdu au cours des deux mois d’hosto
    Si yavait que moi, je te fendrai cette crête en deux jusqu’à ce que ces foutues lattes rentrent dans le rang
    Et à quand le ponçage du plancher
    Ca traîne les assurances ça traîne
    Vivement que cette merde soit finie que je me sente enfin chez moi

    Nous sommes de plus en plus nombreux à vivre de plus en plus longtemps
    C’est ce que vient de lâcher un mec à la tv
    Parle pour toi
    Porte ouverte à toutes les conneries
    Et les autres alors
    Ce que je fais c’est du rab
    Je suis mort à 57 ans
    Je revis je survis je suis en vie
    Pour combien de temps
    Ça change rien à ma façon de penser depuis mes histoires de genou
    Un bail
    L’idée se fait simplement plus pressante
    Je vis les bonnes choses avec plus d’intensité comme le fait un enfant
    Le temps passe
    Le cauchemar de ce printemps s’estompe
    Ses laideurs disparaissent
    Ses étrangetés demeurent

    Je suis bien parti pour passer l’année
    Kilucru
    Aux dires des proches c’était pas gagné
    Quelle aventure
    Faut-il chercher à comprendre

    Les souvenirs vont-ils revenir
    Avant de mourir je me revois poser un colis lourds de vinyls et de cd sur mon bureau
    Après silence radio
    Plus d’abonné au numéro demandé
    Ignorés les frayeurs des collègues, les manœuvres des pompiers, ma sortie théâtrale par une fenêtre du 5e étage, les réas du SAMU, les sirènes de l’ambulance et des motards d’escorte, les comas hypothermiques et réveils mouvementés
    Les clabauderies de la fausserole à Cochin sont-elles mes premiers souvenirs de mon retour à la conscience
    Je leur préfèrent les réveils de la fée au foulard jasminé

    Je me suis bien retapé quand même
    Quand je repense ne serait-ce qu’à la dernière semaine à la Pitié
    Quand je me débattais encore dans de pleurétiques coercitions
    Je vais tellement mieux
    Vais-je enfin appréhender ce qui m’est arrivé
    A l’hosto les contraintes physiques m’empêchaient de goûter pleinement au miracle de ma réanimation sans séquelles neurologiques
    Le temps de ma réadaptation cardiaque à Corentin-Celton me conditionnait toujours dans cette ambiance médicale qui fait focaliser pensée et énergie sur le métabolisme au détriment d’une sereine appréciation du mystère de la Providence et de la Vie. La mort, elle, n'en est pas un. La mort c'est rien, c'est l'état naturel de la matière. C'est son animation, la vie qui est une énigme.
    Puis l’été extraordinaire et les joies simples et solaires du seul présent
    Maintenant l’hiver après un automne compliqué
    Qui a ébranlé les certitudes de mes résolutions

    Jusqu’où irais-je
    En tout cas j’ai d’ores et déjà mis de l’ordre dans mes papiers les plus testamentaires
    Ainsi puis-je continuer à vivre l’esprit tranquille de ce côté là

     

     

     

    01.I.2019

    18 :50 

    Xème jour. Calculs faits, ce serait le 20918e jour, la 2988e semaine, la 502047e heure
    Je pinaille pasque je cherche un sens caché à tout ça, n’importe quoi qui puisse me montrer l’incorruptible lien auquel les souvenirs sont accrochés comme des chauves-souris hippocampes morpions aïs hirondelles singes et autres suspendus accrochés perchés
    Bleu
    Intubation
    Bruit
    Bips
    Comme entendu à la tv cet après-midi

    Il n’aurait fallu que le sillage de la Fée au Jasmin
    Ou d’un je ne sais quoi repartagé avec R
    Pour ouvrir une porte

    La tv le rappelait tout à l’heure
    Je fais partie des 5% de survivants d’un Affligeant Crash Rabat-joie
    Et le plus beau, sans séquelles
    On n’utiliserait que x% de notre cerveau
    Et bien heureusement
    Dans mon cas c’est la partie stérile qui n’a pas survécu à l’aventure en se sacrifiant comme fusible et tribut
    J’ai toute ma tête (?)
    Pour le reste j’ai regagné 5 kg sur les 15 fondus
    Mes cheveux ne tombent plus par dizaines
    Je ne fonctionne plus sur secteur mais sur pile
    Plus sur tuyauteries mais sous cachetons et médocs
    Plus patient de protocoles hospitaliers mais sujet d’étude de statistiques
    19 n’ont pas survécus
    Pourquoi pas moi
    Etais-je le seul à avoir un ange gardien

    J’ai essayé de comprendre le sens de ce vingtain
    Je continue de chercher mon rôle dans la pièce
    Comme avant

    Bien que féées, les infirmières ne pouvaient guère me faire évader du Purgatoire
    En ce moment même une sirène passe dans la rue (pin-pon la sirène) dessin poisson)
    Il aura fallu mon transfert de Cochin à la Pitié pour que j’ouïsse enfin une sirène qui deux-tonnait rien que pour moi
    C’est que j’étais le seul à ne pouvoir profiter du ramdam que j’ai créé dans ma traversée de Paris en ambulance il y a huit mois
    Finalement j’ai passé l’année
    Et merveilleusement bien
    Avec R

     

     

    Lundi 14.I.2019

    15 :00 

    Aujourd’hui, le Vieux aurait du fêter son anniversaire.

    Depuis des semaines, je me plonge dans l’univers du Vieux via son ordinateur riche de très intéressants dossiers tel celui nommé Ybiadie qui établit les bases d’une nouvelle conception de la réalité à travers un ingénieux prisme artistico-philosophique.
    Je comprends parfaitement où le Vieux voulait en venir avec sa mystérieuse théorie. Avec la clé que j’ai trouvée, j’en possède distinctement tous les arcanes. Mais le faramineux dossier ybiadique restera inachevé tel un brouillon amphigourique.
    Plutôt que de le reprendre, le compléter puis de le synthétiser pour le présenter en une lecture plaisante, je préfère élaborer ma propre interprétation.

     

     

    Lundi 28.I.2019


    Premières touches de peinture  depuis ma renaissance (tableau Le Thanatonaute).

     

     

     


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  •  

    Mercredi 17 avril 2019

    12:20

    En congé depuis dix jours. Contrairement à hier, il fait beau aujourd'hui. Pourtant je ne suis pas dans mon assiette. Fatigues. Mélancolie et asthénie s'entretiennent mutuellement. Je n'ai pas le courage de faire quoi que ce soit. Régine n'aura pas demain l'aquarelle que je comptais lui offrir pour son anniversaire. Pas l'énergie suffisante. Ne rien faire hormis jouir de ma respiration. Mieux, dormir. Si je n'étais pas seul, j'en regretterais presque de m'être réveillé il y a un an. Dams et contrariétés sur fond de deuil du patrimoine de Notre-Dame me font vivre la trivialité de l'existence de façon plus aiguë. Perdu l'enthousiasme de ma résurrection. Effet d'accoutumance à la Paroxétine ?

    Bon, je vais bouffer. Ça ira peut-être mieux.

     

    14:00

    Le coup de mou est passé. J'en profite pour résumer ces derniers jours.

    Nous sommes rentrés à Paris dimanche après une semaine passée à Fréjus chez Sandy. Ça faisait si longtemps que nous n'avions pas pris de vacances. Les Varois ne connaissent pas leur bonheur. De cette agréable parenthèse j'en ramène deux crânes pour ma collection.

    17.IV.2019

     

    Hier, passage de l'assureur de l'immeuble. Quel feuilleton !

    A part ça, reprise des aquarelles pour Annick et de mon tableau Le Thanatonaute que je voudrais terminé pour le 24. C'est pourquoi j'y retourne sans attendre bien que je doute de son achèvement dans les délais. 

     

    18:00

    J'ai bien avancé sur le tableau. Comme son format est une gageure au regard de l’exiguïté du salon, je renonce à une facture propre. Trop galère pour faire un travail correct. Pourquoi s'enquiquiner à s'approcher au mieux de l'inaccessible. Après tout, l'important c'est l'esprit du truc, pas la forme. Je ne vais plus employer mon temps à rechercher la plus grande perfection possible et perdre tout plaisir à peindre. J'ai d'autres tableaux sur le feu pour m'attarder plus que nécessaire sur un seul. Je le considérerai achevé le 24 avant que le fignoler ne devienne comme souvent une corvée. Et puisqu'au bout du bout il finira certainement comme la plupart des autres peintures dans une décharge à quoi bon s'emmerder. Tout ça est tellement vain.

     

    20:20

    J'arrête de regarder les infos. Ça me rend dingue.

    Propagande, comme de bien entendu, quant à la cause de l'incendie de Notre-Dame. Comment peut-on privilégier une thèse accidentelle avant même toute enquête ? Que je n'apprenne pas la mort brutale et suspecte d'un ouvrier les jours prochains qui serait la preuve irréfutable d'une diablerie commanditée. Comme l'incendie du Reichtag, cui bono.

    Puis on enchaîne avec le financement de mesures à deux balles du potentat. Travailler plus. Ben voyons. Le scélérastignac, notre petit Néron, doit savourer l'invraisemblable coïncidence du contre-feu de lundi qu'il imagine propre à éteindre toutes velléités pré-révolutionnaires. Je n'imaginais pas que l'on pût être pire que tous les infâmes réunis qui l'ont précédé.

     


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  • 24 avril 2019

    18:45

    Et bien voilà, j'ai terminé le premier tableau d'un diptyque en temps voulu, un an jour pour jour après l'instant même qu'il illustre.

    Voici donc l'horizon du 24 avril 2018 à 15 heures, tandis que la lune se levait à l'est et que Véga se couchait au nord. 

    Le Thanatonaute

    Acrylique sur toile, 89 x 116 cm 

     

     

    Selon la même logique, le second tableau du diptyque devra être terminé le 24 juin.

    24.IV.2019

     

     


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