• 27.III.2019

     

    Mercredi 27 mars 2019

    12 :30

     

     Version numérique du Manuscrit original du Journal de René Tromplamor.

    Suite 1


    Rue Dingo, le 06.XI.2018

    Cuisine de célibataire. Surgelés de poisson et légumes. Sel maîtrisé ? Dans la poêle. on dirait une radiographie en couleurs d’un poumon avec côtes apparentes

    Ça cuit.
    Le portable se décharge. A côté, une lettre pour la Sécu, y avait longtemps.
    Le salon. Quel souk ! Suite à l’inondation et au passage de Régine, un tas de fringues par terre. Premier tri des vêtements du Vieux. Classement de papelards étalés sur la moquette épongée. Sécu, boulot, assurances. Je n’ai pas fini de trier mes propres papiers.
    La tv allumée…
    Dîné. Vaisselle dans l’évier.
    Assis devant la tv. Prise de tête. Eteins le son.
    Médocs ok. 
    Moment du jour : Visite chez la cardiologue rue des Acacias RAS Malgré l’étrange tension artérielle. Rendez-vous le 04.II.19
    Assis devant la tv sans le son. Petite montée de chaînes.
           Un vieux malade perfusé ; ça me rappelle quelqu’un. Le toubib, bellâtre comme de bien entendu.
           … Independence Day ...
    Sonnerie du téléphone rechargé. Je débranche le portable. Ah oui, la lettre pour la Sécu... Ne pas oublier.
          … La France a un incroyable Talent. Régine regarde-t-elle ça ? Dix heures et demie, un peu tôt pour l’appeler.
            … un accident de la route. Hosto en perspective. 
            … Spider-Man
            … une inondation ! Catastrophique !
         … Chaînes d'infos.… Des encarts partout pire qu'un pare-brise de voiture. Gros titre : MARSEILLE : QUI SONT LES RESPONSABLES ?
    Et pour ce qui est de cet appart ? Incroyable, reçue aujourd'hui, la réponse du bailleur à ma lettre me dégage de toute responsabilité. C'est déjà ça. A suivre.
    Il se fait tard. Il faut que j’appelle Régine.
                CNEWS LOGEMENTS INSALUBRES, QUELLES SOLUTIONS ?
    Ne me demandez pas ! …
    Téléphone Régine. Tout va bien. Et comme moi même soirée zapping tv.
          … Dessin animé. Une machine à laver. Plomberie souterraine. Remontée  de l'eau.  Toilettes. Inondation non au secours ras le bol !
             . Kanaks, l’histoire oubliée.
             . American Nighmare 2 : Anarchy
             . Foot
             . Une jeune fille, un rat entre les mains.
             . Mourir pour la France
             . Champs de batailles. Un encart promotionnel à gauche de l’écran :

    ESCAPE
    21 jours pour disparaître
    DEMAIN 20:50

    Tu parles d’un compte à rebours à coller à cette émission. Disparaître… Mourir au combat,... ou fuir cet enfer, s'échapper, s’évader ? 
            . Snapped Les Femmes tueuses. Décidément c'est gai. 
            . Chaînes d’infos : pubs et foot. Tout ce que j'aime. 

    Un nouveau balayage de chaînes, à rebours. Je délaisse la tv mais la laisse allumée.
    Devant moi, un meuble de bois peint en blanc, crème et, on l'aperçoit, derrière deux grandes toiles vierges trouvées par Régine dans la rue (!) et entreposées devant, en orange.  La tv, petite, est dans un espace ad hoc. Le meuble repose sur un piétement en alu et est coiffé d’une galerie de vitrines. Triple vitrine. Avec petits néons assez puissants pour éclairer une partie de la pièce.
    A gauche du meuble, complètement  coincé par le mur ouest, un petit meuble étroit, avec vitrine lui aussi.
    Au-dessus de tout ce mobilier, des dossiers, un bazar, des peintures, nombreuses, de toutes tailles, figuratives, abstraites… Le Vieux était peintre.  
    A droite du grand meuble à la tv, l’entrée du salon, donnant sur le couloir, sans porte, qu’un rideau peut fermer. De l’autre côté de l’entrée, un lampadaire halogène et un petit meuble bibliothèque, piédestal d’une tête phrénologique en céramique. Pouvant disparaître derrière la porte fermant sur la chambre, un tableau ? non une photo, abstraite, colorée, au-dessus d’une petite table pliante en bois.
    J’éteins les néons des vitrines. J’allume une petite lampe art déco derrière moi, sur la cheminée. Ancienne ampoule à filament. Une lumière d’antan.
    Assis sur le canapé du salon. La tv muette en face de moi.
    Sur ma gauche, sur un petit meuble près de la fenêtre, des photos de famille. Qui est Ariel d'Ybiade, s’il apparaît sur l’une d’elle ?
    Immédiatement sur ma droite, deux étuis de guitare rangés comme des bêtes à l'étable. Derrière, le profil du manche d’une basse sûrement posé sur un trépied comme le sont plus loin les deux guitares électriques, en biais, parallèles, devant une biblio disco magnétothèque hi-fi.
    En rentrant de chez la cardiologue, j’ai joué longuement sur la guitare du premier étui, le noir. Une Takamine.
    Sous mes pieds, le parquet ondule, gonflé par le sinistre dégât des eaux. Cadeau empoisonné que cet héritage. Un gourbi qui part à vau-l’eau.
    Bientôt minuit. Je me penche sur le pot de porcelaine acheté samedi. Elixir de longue vie. Je soulève et repose le couvercle du pot du dernier vide-grenier et capte la lumière du Paris d’antan. J’éteins la lampe art déco. Ne reste plus qu’une lumière visible au fond de la chambre.

     


    Mercredi 07.XI.2018

    Je traîne au lit, dans des draps propres, au chaud. Dehors, il fait un temps pourri.
    La chambre est tout autant encombrée que le salon ; le parquet gondole après la grande submersion. C ’est catastrophique.
    Devant moi, la porte de la chambre entrouverte. Une porte décorée d’un trompe-l’oeil inachevé : des étagères ; des livres et des objets décoratifs parmi lesquels un métronome et une coquille de nautile, deux choses remarquées sur le vide-grenier de samedi. 
    Je regarde la pièce. Quel chantier !
    Il est tard. Il faut que je m’agite. Bientôt ce sera dès huit heures qu’il faudra me préparer et aller au boulot. Bus et tout le toutim. Je savoure d’autant mes résistances à me lever. Comme avant. Comme si rien ne s’était passé.
    Et si je faisais une liste de courses ? J’ai rempli le congélo hier mais le frigo est vide. Bon allez debout !

    Avant d’être un gourbi, l’appart de la rue Gudin avait du être un beau 2 pièces. Traversant est-ouest.
    Suis dans la chambre. Sur l’ordi du Vieux qu'aucun mot de passe ne protège. Quel aubaine ! J’ai l’univers ou le petit monde d'Ariel d'Ybiade à disposition. Je vais me faire une idée de la personnalité de mon « bienfaiteur », le connaître mieux.
    Par quoi commencer ? Nettoyer l’appart ? Nettoyer l’ordi ? Analyser ? Trier. Sauvegarder.
    Par tout les bouts, ya du boulot.

     


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